💄 Journal de bord 2025 💄

             Chapitre

                VI

                    Juin

Alcoolisme bien français et parasites xylophages mexicains

   2025

D

                                       01

                                       05

Si la vie te joue des tours,

Ne t'afflige pas, ne t'irrite pas !

Aux jours d'ennui, résigne-toi,

La joie, crois-le, va revenir.

Le cœur ne vit que dans l'avenir,

Le présent distille l'ennui,

Tout n'est qu'instant, tout s'enfuit,

Et l'on chérit ce qui n'est plus.

Alexandre Pouchkine

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Drôle de rêve.

Scorpion ultra rapide

Haschich

Tuyauterie(s)

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Préambule au café.

Déambulation ultra jouissive autour du Parc du Mexique puis de l’hippodrome d’Amsterdam à biciclette. Fraîcheur matinale après une nuit complète de précipitations. Audette, Canopia sont toujours là..

L’ancien appartement et ma bicoque perchée sur les toits qui donnaient sur la place du Popocatépetl font à nouveau face à une construction. Le Basurto est bien sombre. Canopia est toujours là, plutôt vaillant, du moins la terrasse que Paco a « dessiné ». Je me demande bien ce que devient Rocío. L’ai-je vraiment apprécié un jour ?

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Au café.

Inondation d’americains plus laids les uns que les autres. Saturation de chiens et de bébés. Triste monde. Neal, Ernesto, David.. cela fait une éternité que je ne me suis plus entretenu avec eux.

En m’éloignant du café, je prête attention à la jardinière que j’ai dessiné il y de ça maintenant cinq ans, je me dis que c’est sûrement le travail qui se rapproche le plus de ce qu’aurait fait Scarpa ici à Mexico.

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Dans la matinée.

Direction Edison avec Yvette pour des tacos de mouton dorés dans un bain d’huile. Nous nous arrêtons en chemin dans la librairie de la forêt. (J’y serais allé deux fois en un mois).

J’aperçois un livre de recherches urbaines classifiant plus ou moins certaines catégories d’artefacts que l’on trouve dans les rues de mexico : collections d’interphone, architectures de protection.. etc. Certaines jardinières, grilles ou recoins sont révélés au grand jour certes mais il n’y a aucune portée poétique et encore moins de chirurgie urbaine à partir de ces reliques (plus vraiment) endormies.

Quelques trouvailles dans la colonie Juárez, juste avant de déjeuner.

« Ve donde están reparando mofles cerca de Darosa, allà podrían tener lo que buscas para realizar estos tapetes. »

W.G

En soirée.

Visite improvisée chez W.G qui est évidemment accompagné de son serviteur Pinano, avachi sur le canapé avec Mushka. Je lui annonce mon départ imminent pour cause de déménagement. En ce qui le concerne, il se rendra comme il le souhaitait à Jérusalem pour son anniversaire.

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Il m’annonce qu’il a croisé L.M l’autre jour qui soi disant passait par là et souhaitait le féliciter pour l’ouverture du nouveau café dans le bâtiment Barragán ( qui est soi dit en passant une échec architectural grotesque). Cet abruti l’a invité a monté chez lui et cerise sur le gâteau l’a également convié à redonner un second souffle au Qū Roma, Condesa et Juarez pour les 10 ans de l’entrepris en mars prochain avec moi. Je me sens assisté, trahi, agacé. Il paraît même qu’un local à Polanco a été trouvé. Je souhaite fuir et faire un énorme doigt d’honneur à tous ces imbéciles qui jouent avec mes nerfs. Je prends sur moi et garde mon calme.

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J’enchaîne avec l’adresse de l’enfance de W.G qui selon moi était en face du Liverpool de la rue Torcuato Tasso. Il s’agit en fait du 413, situé beaucoup plus bas, à l’angle avec l’avenue Mazaryk. J’y retournerai peut être un jour.

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L’atmosphère se détend, la weed albinos, blanche neige couverte de skuff aidant. Pinano rentre chez ses parents au sud de la ville. Nous écoutons un magnifique album de Fennesz et Ryuichi Sakamoto. W.G sort quelques framboises du réfrigérateur, je continue de siroter mon eau gazeuse divinement mélangée à de l’élixir des Pères Chartreux.

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Cela fait déjà deux fois que l’interphone sonne et aucune nourriture en vue ni personne qui rentre. Je finis pour demander en quoi consiste cette mascarade. Il m’avouera qu’ il s’agit d’une livraison d’un agent Rappi qui lui permet de recevoir de l’argent par tranche de 2500 pesos maximum. Je trouve cette situation hilarante, tellement représentative de la personnalité de W.G.

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Nous évoquons la possibilité de se retrouver à Berlin le week end du 20 juin.  L’album se termine, nous nous disons aurevoir d’une drôle de manière comme à notre habitude (en implorant les dieux de nous protéger en particulier Allah) puis m’en vais.

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Je m’arrêterai chez Betín sur le chemin du retour pour quelques tacos de tripes et d’effiloché de bœuf.

   2025

L

                                       02

                                       05

«Le verbe aimer est difficile à conjuguer :

son passé n'est pas simple, son présent n'est qu'indicatif, et son futur est toujours conditionnel.»

Jean Cocteau

Ce que j’aime observer ?

Une véritable panoplie de créatures bricolées, réparées à la va vite, trouvant leur harmonie dans un équilibre accidentel, accidenté et improvisé.

De bon matin.

Jour de départ vers la France. Ce genre de journée passe à une vitesse hallucinante à chaque fois. Je mets un peu d’ordre dans mes affaires puis vais petit déjeuner un sandwich de chilaquiles vertes et rouges (campechano) avec Yvette. Nous filons ensuite chez Pujol pour un beau coquillage au maïs rouge, un café de l’auge. Je l’accompagne jusqu’au travail et j’aperçois en chemin ce fameux hôtel Roosevelt à l’architecture surannée et provocante.

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Au café.

Rien à signaler si ce n’est cet affreux tatouage sur la cuisse d’un père de famille. Leur fils tousse péniblement. Une ukrainienne à la bouche de canard est juste à côté de moi.

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Mario & Agustin Melgar.

Je me fends de 17000 pesos pour payer mon loyer en passant chez Macarena qui n’est évidemment pas chez elle (elle vient juste de partir à une réunion comme à son habitude). Je me retrouve donc à laisser l’argent à sa femme de ménage qui pour une fois a été prévenu. Elle comptera méticuleusement les billets un à un sur mes recommandations pour éviter tout problème.

Je passe ensuite chez Mario pour me rafraîchir avec une Corona qui ne sera pas fraîche car son fournisseur vient tout juste de le livrer. Jean acceptera de me servir une michelada avec glaçons au prix d’une bière permettant ainsi de rafraîchir le breuvage en lui ajoutant un délicat goût de citron et de sel. Mario déblatèrera ses anecdotes habituelles et me souhaitera un bon voyage.

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Juste avant de plier bagage.

Je prends une dernière photo de la Couveuse Saint-Jean, avec les cinq formats à dessins sur papier de taqueros ajoutés.

Sur le chemin de l’aéroport.

Fichu chauffeur de taxi qui va faire le plein avant de venir me chercher. La pluie commence à s’intensifier et mon angoisse monte à cause de cet imbécile qui a manqué de clairvoyance.

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Pinches mexicanos.

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Au cours de la course, l’atmosphère se détend, principalement, grâce au fait que la circulation est quasiment inexistante et que la pluie s’arrête soudainement. Je remarque certains logos et peintures faites à la main qu’il me semble avait déjà vu les fois précédentes ou je me rendais à l’aéroport.

   2025

M

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« À mon avis, c'est ça qui déglingue les gens, de ne pas changer de vie assez souvent. »

Bukowski

Arrivée à Paris en début d’après midi après une nuit courte et artificielle certes, à cause ou grâce au cachet d’alprazolam donné la veille par W.G, mais plaisante grâce aux longues conversations avec José, mon voisin Air France Platinium.

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Une fois être allé déféquer aux toilettes handicapées réservés aux femmes, je remarque quelques artefacts endémiques de l’aéroport et l’aérogare de Paris CDG dont cette plateforme intégrée au ligne à haute tension qui m’évoque un Fer à Repasser Géant :

En quittant Paris, toujours ces même paysages de pâturages couplés à des pylônes électriques, octroyant un faux rythme de croisière à ce voyage en train presque familier entre CDG et Marseille.

Difficile d’échapper à l’arrivage de ballons, casquettes et autres goodies Disney en tout genre en provenance de Marne-la vallée.

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Une enfance faite de pomme Pot’, doudou  conservés dans des sachets de congélation, barquettes, Thermos et petites bouteilles d’Ice Tea.

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Traversée de la France ensoleillée en passant par la Bourgogne, périphérie de Lyon, la Drôme, pas loin de l’Ardèche, la Provence et enfin la côte Méditerranéenne.

Une fois à Sanary.

« Severine t attendra, elle a 1 voiture blanche avec des numéros 1 »

   2025

M

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                                       05

Drôle de rêves

NegresseKO

Piscine rooftop mexico

Parents

Ysser

Monnaies

Au sol

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🐋Le Narval 🐋

Agréable moment au Narval entre fines gouttes de pluie et timide soleil. Certains poivrots s’esclaffent par dessus les tubes musicaux emblématiques de la chanson française comme « Ève lève toi, Laurent Voulzy, Macumba ».

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🧵 Valérie la couturière 🧵

Détour par chez Valérie pour laisser mon caleçon en soie YSL ayant appartenu à mon père ainsi que mon pantalon en lin Icicle. Appartement de lotissement au premier étage, petit bout de vue mer malgré le rond point au premier plan gâchant le charme de l’appartement qui surplombe la rue.

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Saveurs Italiennes.

Bellini, Jambon à l’os, pecorino truffé, pâtes haut de gamme, Amaretti, ravioles au citron, poivronnade, ail confit, Baiocchi, limoncello… Tout ce que j’aime.

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En soirée.

Je prépare plusieurs Americano mais sers aussi du rosé de Sanary. Les boissons coulent à flots et Madame Peise mange enfin pour la premiere fois de la journée ; j’ai concocté d’énormes ravioles au citron.

Quelques mouettes caquettent.

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Pendant le repas, je ne peux m’empêcher de remarquer que les carreaux, formant le chemin qui longe la piscine jusqu’au portillon d’entrée, dégradent visuellement ce bout de jardin en plein milieu des cités six-fournaises.

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La marquise au dessus de la porte d’entrée, faite de profils d’acier et d’une vitre reflétant l’infâme luminaire rond et en plastique me donne la nausée.

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Doucettement ivre, j’enseigne à Madame Peise l’album la concernant sur Bandcamp.

Son prix ?

999CHF.

   2025

J

                                       05

                                       05

« Le problème avec ce monde c'est que les gens intelligents sont pleins de doutes alors que les imbéciles sont pleins de certitudes. »

Bukowski

Tôt le matin.

Il n’est même pas quatre heures du matin lorsque j’ouvre l’œil. Les colombes roucoulent, le hiboux hulule, les cris de mouettes rieuses en bord de mer se laissent deviner au loin. Le chant des oiseaux vient se superposer à l’ensemble des cris précédemment cités pour harmoniser ce grand palimpseste sonore auroral digne des plus grands opéras.

J’ajoute quelques titres manquants à mes enregistrements sonores, tente de mettre un peu d’ordre dans ma tête et mon journal malgré la grande fatigue résultant du décalage horaire et d’un excès d’alcool.

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🐋 Le Narval 🐋

Divin moment à siroter une bière blanche accompagnée de quelques olives, en attendant le rendez-vous chez l’opticien de Madame Peise.

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👞 Cordonnerie Nouvelle 👞

Rustre d’artisan pensant que mon espadrille Souleaido vaut 25 euros.

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👓 Spagnol Opticiens 👓

Transpiration et haleine putride mère-fille. Charmant support mural.

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Comptine du jour.

Quelle heure est-il

Madame Persil

Sept heures et quart, Madame Placard

En êtes-vous sûre, Madame Chaussure

Evidemment, Madame Piment

Quelle heure-est-il

Quelle heure est-t-il

Madame lentille

Huit heures et demie

Madame radis

Je suis en retard M'dame épinard

Dépechez-vous Monsieur bijou

Quelle heure est-il

Madame myrtille

Neuf heures moins vingt

Monsieur le raisin

Toujours debout

Monsieur le Bambou

Bien entendu

Madame laitue

Quelle heure est-il

***°***°***

Menu du jour.

Corniches, grilles, vielles enseignes

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Entendu aujourd’hui.

Il fait un peu fin de race

Il va avoir un peuple la dedans quelle horreur

Piscine à bouliers

Machine à chantilly

Franck Lebœuf vend des voitures.

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Vu aujourd’hui.

   2025

V

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« Il y a dans la vie de chacun un moment où il faut choisir : fuir ou résister. »

Bukowski

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Drôle de rêve.

N.Merigot + E.Boucharlat

Discussion de comptoirs

Ils se font des blagues en anglais.

Amsterdam est devenu un ranch en friche. Uri  chantier local.

Folle dingue qui m’embrasse et me fait mal avec son nez.

Mur imbibé d’eau au dessus de mon lit.

Ma chambre est immense et donne sur Popocatépetl.

Chantier à ciel ouvert.

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De bon matin.

Quintes de toux habituelle de M.Peise.

Affreux raclements de gorge comme si l’on y mettait les doigts pour se faire vomir.

***

Je découvre que Madame Peise apprécie l’écriture de Sylvain Tesson, en particulier depuis qu’elle a lu la Panthère des neiges.

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Préparation des commodités pour rejoindre la plage de l’Estagnol : coussins, assises pliantes, parasols et tous le barda pour se protéger du soleil.

⛱️L’Estagnol⛱️

Quantité de monde plus que supportable. Parfaite brise et température de l’eau fraîche et pétillante comme une bouteille de Châteldon salvatrice. Café frappé au sirop d’orgeat juste avant midi. Délicieuse baignade et roulements de vagues qui me font voyager.

🔥 🥩 Chez Pat & Gène 🥩 🔥

Changement de serviette : adieu la bouée et la corde encerclant une ancre pour laisser place à la typographie originale du restaurant brodée sur les sièges format tournage de cinéma qui sont présents autour des tables depuis des années.

Inévitable anchoïade.

Côtelettes d’agneau.

« C’est pas un violent » est toujours présent.

« Elle est mignonne la serveuse, elle me rappelle ton amie qui avait défilé pour le Lutecia. »

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🌼 Château Sainte Marguerite 🌼

Utiliser le compte client des Mérigot afin d’augmenter leurs points de fidélité pour finalement obtenir une remise de 5%.  Malentendu.. Une dégustation de vin en pleine digestion. Le léger duvet en bas du dos de la vendeuse ukrainienne qui aura préparé la commande à la vitesse de l’éclair. En apercevant le bolide stationné sur le parking, elle avouera que rouler en Ferrari lui fait mal aux fesses. Bichette.

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De retour rue Antelme.

Un peu des Feés de Sylvain Tesson. Le dessin de l’itinéraire qu’il a parcouru en voilier au début de son ouvrage me touche. Puis Rolland Garros, duel au sommet pour cette demi finale entre Djoko et le numéro 1 mondial que je ne connais pas encore mais qui ressemble étrangement à Rocco Siffredi.

   2025

S

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« Je suis arrivée à un moment où je n'avais ni 25 ans ni 80 ans et où beaucoup de gens ont compris que leur programmation manquait de femmes. Et je fais quelque chose qui apparemment correspond à notre époque, ce qui signifie qu'il y aura sans doute un contrecoup à un moment donné. C'est pour ça que je fais ce que j'ai envie de faire, comme ça, ça ne me touchera pas. J'espère juste que je pourrai continuer à en vivre pour ne pas devoir arrêter complètement. Enfin, même si plus personne sur terre ne voulait voir mon travail, je continuerai quand même.»

Louise Bonnet

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De bon matin.

M.Peise et moi atterrissons chez le coiffeur de la rue principale de Six-Fours. À la radio, j’apprends qu’un rabbin a été violemment attaqué à coups de chaises. On écoute Katty Perry tout en regardant Sydney Sweeny sur un bout de carton faisant la promotion d’une marque de shampoing.

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Tiphanie, la coiffeuse, s’attelle à me couper les cheveux délicatement et me recommande de ne pas les désépaissir sur le dessus. Une mauvaise habitude selon elle. Résultat convaincant.

Au marché.

Un papy tente de doubler dans la queue du traiteur italien qui est présent avec sa caravane mobile.

Dans l’après midi.

Toulon poil au fion

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. Le chantilly et sa fameuse épaule d’agneau accompagnée de sa polenta truffée. Un régal.

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Souleaido et sa reddition de la collection Sonia Rykiel ou encore sa collaboration avec Linvosges pour le linge de maison.

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Renfort d’espadrilles.

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Puyricard et ses cigales en chocolat.

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Charlemagne polychromes.

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Nespresso à gogo. Aésop.

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Au rabais.

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En soirée.

Le cri des mouettes strident et les nuages qui s’en vont doucettement. Délicieuses Pacchieri à la sauce tomate, aux olives, câpres et parmesan râpé. La symphonie du rosé Château Marguerite pour étancher sa soif.

  2025

D

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                                       05

« The image is arrived at through many drawings, evolving from a process of observation, personality, and response: keeping something of the original subject, but hoping for a transformation into a poetic and particular form or whole, free from conventional representation. »

Rose Wylie

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Drôles de rêves.

Part 1

Piaule partagée dans un couloir avec mon frère à NYC.

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Part 2

Email-Poème fort alléchant de la part de C.M. Alexandrins, citations et très belle structuration ( en général ).

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De bon matin.

Pensées noires. Attraction incontrôlable vers les limbes. Souvenirs de séparations douloureuses. Miaulements stridents et lancinants. Habituels raclements de gorge quintes de toux et flatulences matinales de M. Peise. Diabolique.

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Je me coupe l’index droit en refermant le bouchon du jus de raisin bio dans le frigo.

M.Peise me demande quand est ce que je pars (pas pour me foutre à la porte) mais pour s’organiser avec les amies américaines de Régine. Déambulation de mémés dans le Var en prévision.

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The Reverent Sky de Steve Roach pour tenter de m’apaiser. Le logo d’Handy Bag pour me rappeler que j’ai du travail. L’installation de tuyauteries de filtration de la piscine protégée par un petit parapet de profils d’acier dans le garage pour me rappeler que j’ai des sculptures à fabriquer.. La carte du guide Michelin de Marseille pour me rappeller que j’ai un atlas à réaliser.

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Le travail comme seul échappatoire aux doutes morbides et néfastes.

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En tout début d’après midi.

Après avoir fait un détour par le cimetière de Six-Fours pour saluer le père de M.Peise, nous filons vers Aix-en-Provence. Fondation Vassarely dépassée, nous nous dirigeons vers Salon de Provence, passons le magasin d’usine de Puyricard, serpentons la poétique petite route et arrivons finalement sous Petite Maman qui déploie ses pattes au dessus du parking de Tadao.

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Disneylandisation affligeante du Château Lacoste, charrette de golf avec guide à 140 euros de l’heure, nourriture de bistrot extrêmement banale à des prix exorbitants. Faut pas « Push »er mémé dans les orties tout de même.

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Sculptures hirstiennes un poil austères mais incroyablement riches de détails et aux proportions apaisantes.

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Concert à la buvette anecdotique.

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En soirée.

Baignade salvatrice, finale de Rolland Garros visionnée debout comme ma mère.

Téléfilm policier cul-cul pan pan et enquête exclusive sur l’enjeu du Nil pour l’Ethiopie, l’Egypte et le Soudan.

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Entendu aujourd’hui.

« Et bin, on aurait pu en souffler des ballons à force de souffler. »

« J’ai toujours peur de me faire guillotiner avec ce portail. »

« Je ne suis pas Madame Irma non plus.

De quoi te plains-tu ? Mardi prochain tu vas manger le meilleur burger d’Orange. »

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  2025

L

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                                       06

« We shape our buildings ; thereafter they shape us. »

Winston Churchill

Drôle de rêve.

Tom Meron herboriste

Vvoifîe pmatitedur

DimiQ

En tout début d’après-midi.

Enfin terminé cette fabuleuse construction lego. J’aurais pris un malin plaisir à faire durer l’avancement de ce jardin botanique, notamment en épluchant le fascicule d’instructions par étape dont les axonométries regorgent de bonnes idées d’enchevêtrement de formes et de volumes à manipuler. Cet arbre en pot, une fois opérée une rotation à 90 degrés et accroché au mur, est un exemple concret de ce genre de manipulation extrêment stimulante permettant le dé-usage, l’échappement à la fonction et définition initiale.

Marie & Thierry

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M

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« He who works all day has no time to make money. »

John D.Rockfeller

Départ pour Orange. Sur la route je ne peux m’empêcher de photographier les logos de camions qui m’inspirent, cela me rappelle ce jeu de cartes pour occuper les enfants pendant les longs trajets en voiture où l’on doit identifier une caravane, une borne d’arrêt d’urgence, une ambulance, un fourgon, un radar, une hirondelle ..

Le Petit Patio.

(1er round)

Monsieur Charvin, le voisin de M.Peise, nous accompagne pour ce premier déjeuner à Orange sous une chaleur écrasante. Ancien professeur de physique chimie à la retraite, il fait partie du club Puget et voyagera prochainement en autocar jusqu’aux châteaux de la Loire avec son groupe du troisième âge.

🏰 209 rue des vieux remparts 🏰

(1er round)

Étrange sensation en pénétrant dans cette demeure où je n’étais plus allé depuis au moins une vingtaine d’années. J’avais coutume de passer le jour de Noël dans la maison de la famille Peise pour ouvrir des cadeaux avant de rejoindre la maison familiale d’Orange où mon grand père exerçait sa profession de médecin.

***

Logis désuet, rôgé par le temps et les plantes folles qui reprennent peu à peu leur droit. M.Peise redoutait d’affreuses odeurs de canalisations qui n’arriveront pas.

🍨 Hôtel Le Glacier 🍨

Idéalement situé dans Orange, aux premières loges du marché jeudi prochain certes, offrant un vestibule-bar-réception traversant entre deux rues.

***

Chambre 22

Ambiance echangiste générée par un mirroir de cuir de mauvaise facture clouté dès l’entrée.

***

Chambre 51

Madame Peise est installée au second dans une chambre davantage rénovée que la mienne, dotée d’un petit balcon et d’une tapisserie récemment installée.

***

En soirée.

Panique gustative au bar américain d’Orange en présence de Martine, la cousine de M.Peise, aux abois depuis que sa sœur la poursuit en justice pour lui extorquer un loyer dans la propre maison de ses parents. Burger froid et ingrédients soigneusement choisis chez Lidl. Limoncello du même acabit.

                             2025

M

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« Painting is as much an act of performance as it is an act of translation and transformation. »

Adam Pendleton

De bon matin.  (à la terrasse de)

🍨 Hôtel Le Glacier 🍨

Deux énormes ours en peluches face à moi pour combler un manque cruel de clients. Sur ma gauche, les poivrots du cours saint Martin. Deux agents de la police municipale veillent au grain tout en tapant la bise à deux passants. Trois baisers chaleureux déposés au coin de la bouche ici à Orange.

Service déplorable.

***

Les voisines en sandales et à la coupe de cheveux Janine, cheveux courts vocifèrent que les fruits du moment sont « inmangeables ». J’augmente le volume de la musique qui m’inonde les oreilles.  Steve Roach comme seul rempart. Ville de pigeons et de trépanés.

***

Madame Peise me cueille en terrasse avec une cartouche de cigarettes fraîchement achetée. Une conversation s’engage. Son rendez-vous aux impôts s’est déroulé plus vite que prévu. Elle souhaite rendre visite à sa mère au cimetière. Mon exploration dans Orange à la recherche de vielles enseignes, publicités et typographies est compromise pour ce matin.

Le Petit Patio.

(2ème round) avec Patrick & Dominique

***

Les aventures de Roberto et Guy

La malchance incarnée

Le sanglier cuit au chlore

Le poste à la central nucléaire.

***

🏰 209 rue des vieux remparts 🏰

(2ème round)

Fabuleuses découvertes graphiques lors de cette deuxième visite avec ce logo des Mousquetaires imprimé sur un sac plastique. Que dire également de ce magnifique plan pour accéder au Leclerc d’Avignon avec une représentation isométrique des remparts.

Chez Marius

Avec Déborah, Mireille et son mari

***

Déborah

« Au loin l’orage »

« J’ai le pied endormi, allez sors de là. »

« C’est difficile de déplacer une montagne, elle est collée, elle est collée. »

« Au secours la ceinture sous les fesses »

***

Entendu aujourd’hui.

M.Peise :

« On va passer par le derrière de l’hôtel »

« Embrasse bien des choses à Éric »

« J’aime le côté acide de l’oseille »

« J’en veux un petit bien mou »

                             2025

J

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                                       05

« En réalité, dans la vie il faut créer.

Créer jusqu'à se créer soi-même. »

Picasso

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Horrible cauchemar.

Homicide (in)volontaire

Forteresse

Enquête

École d’art-chitecture / Collège

Pierre Garraud

Tâche de sang

Château médiéval

Demi-tête coupée (à dessiner)

Plage du Pacifique

Saut de l’ange

[pour en finir]

***

L’idée m’avait traversé l’esprit de prévenir Maxime de ma présence et de lui proposer qu’on se rejoigne chez Pic(ard) à Valence le temps d’un déjeuner.

Destination à mi chemin entre Orange et Lyon, le rendez-vous était idéal. Il s’agissait tout de même de dépenser au bas mot trois cent dix euros pour un menu sept plats, sans le champagne. Maxime bosse dans une boutique de glace le lendemain et est frileux de tout déplacement ou dépense qui lui coûterait une infime partie de son patrimoine secrètement gardé à la banque. Je ne l’ai pas prévenu.

J’ose une déambulation orangeoise à la recherche d’un menu.

Menu du jour.

Brosse à Gogo

***

Sur le temps du déjeuner.

***

Patricia (Kaas)

« C’est du quartz fumé, je l’ai acheté à Auchan. »

***

Les saveurs du marché

Pieds paquets, écrasé de pomme de terre aux olives

***

Le Saïgon

Charmante serviette

🍨 Le Glacier 🍨

Nourriture de camping. La planche de charcuterie et de fromages est digne des pires cantines de collèges de France. Le baba au rhum est servi dans une assiette de Noël et n’arrive pas à la cheville d’un cake Papi Brossard.

***

Limoncello commercial.

                             2025

V

                                       13

                                       05

« Purpose is like a diamond: if it is to be valuable, it must be real. »

Karl Lagarfield

Drôle de rêves

(1ère partie)

T. Potier

371 Bno

Baise (Joanna ?)

tour dhelico

Chèvre Stobbart

***

(2ème partie)

On-sen japonais

60 chemin des roches

Rénovation architecturale

Bed&breakfast

Haut de gamme

Déambulations 2kalité

Recoins, passerelles, tunnels

Cryptes

Plan à 3

Marlène

De bon matin.

Madame Peise a le ventre en vrac à cause des immondices qu’elle a ingurgité hier soir au Glacier. Je déguste donc mon Espresso seul, accompagné d’un biscuit au citron et au gingembre.

***

Plaisir infinini en découvrant ce support à pics chez le Boucher Moderne.

J’opère.

Je découvre l’univers de la confiserie Cabanis et me fends d’une brioche aux pralines puis j’achète le Canard Enchaîné au bureau de Tabac pour finalement me recueillir au sein de la cathédrale d’Orange. En revenant sur mes pas pour rentrer à l’hôtel, je tombe nez à nez avec l’enseigne abandonnée de la pâtisserie et confiserie Blaise, je récupère ensuite un pain aux olives et au pistou chez Levetti.

En voiture.

Sur le trajet retour entre Orange et Six-Fours j’essaie de m’immerger dans le canard enchaîné malgré le bruit de la radio et les plaintes constantes de M.Peise.

Maurice Ravel

(Maison du Cygne)

(Seul. Madame Peise ayant choisi d’aller se coucher)

Sur le trajet ?

Des boîtes aux lettres encastrées, des locaux poubelles, des projets archi-promoteur, un match de foot.

Une fois sur place.

Ravel se superpose aux cigales de la nuit, au hibou et a la sirène des pompiers. Plusieurs personnalités se confondent avec des personnages que j’ai connu, Serge Steimann, la jolie blonde au carré et à la veste à carreaux. Un moustique vient se poser dans les cheveux de ma voisine

***

Les odeurs de parfums qui se mêlent à l’essence qu’émanent les pins. Un caleçon mouillé sous un jean qui sèche encore me provoque des démangeaisons diaboliques.

***

Ma voisine de gauche et sa robe rendant hommage au tarot. Je pense à Pierre Garraud et sa pratique du piano, au fait que nous aurions pu nous retrouver ensemble pour ce récital de piano.

Entracte.

Magnifique déambulation jusqu’au lavoir puis dans les jardins à l’arrière de la maison. Se retrouver face à face avec une salle d’exposition de peintures puis profiter de la jarre cendrier qui me tombe dessus au moment opportun.

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Le mouvement des personnes qui se sont levées à l’entracte a généré une percée dans la foule qui m’offre dorénavant la vue jusqu’au pianiste.

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Laisser vaguer ses fantasmes à droite, à gauche. Ravel pollué par les cris d’un match de foot au loin puis par la toux d’un bébé que ma voisine de devant, dont les boucles d’oreilles dessinent la silhouette d’un femme en levrette, n’arrête pas de zieuter.

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Le pin parasol et les etoiles.

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La perspective en trompe l’œil de la persienne-volet.

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Le fronton stuqué d’un cygne en argile en au dessus de l’entrée.

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Les détails de la toiture aux différents enchevêtrements et corniches.

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Les varices du chêne majestueux.

                            2025

S

                                       14

                                       05

« La différence entre un rêve et la réalité c’est une date. »

Éric Orsenna

Jour de marché

J’accompagne Madame Peise au cimetière pour arroser les plantes de la tombe de son père puis la dépose chez le coiffeur pour son brushing habituel du samedi matin. S’enclenche alors une déambulation incluant le traiteur italien où je fais une razia de jambon à l’os aux herbes, de saucisson au fenouil et de vieux pecorino. Je me dirige ensuite vers le vendeur d’olives fanatique de plongée sous-marine afin de m’approvisionner en tapenade.

***

Je m’échoue ensuite au Bar des Sports où je dégusterai un demi de Pietra dans ce bar de poivrots, emblématique de Six-Fours, servi avec des croûtons et de l’aïoli.

***

Madame Peise me rejoint, nous passons acheter du pain, des chouquettes et un ticket de loto et d’Euromillions. (La cagnotte de 250 millions d’euros n’a toujours pas été gagnée).

Dans l’après midi.

Première tentative de palimpseste orangeois à partir d’éléments rencontrés lors de mon arpentage de jeudi matin lorsque je fuyais le marché pour explorer la petite ceinture de l’hyper centre d’Orange.

En soirée.

Fabuleuse pâtes à la putanesca préparée par mes soins pour M.Peise. Vin blanc symphonique du domaine Sainte Marguerite. En dessert nous faisons un sort à la chartreuse verte.

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D

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« Le plus important, c’est la discipline, ce qu’on fait au quotidien et qui conduit au plus haut niveau »

Désiré Doué

De bon matin.

Séverine passe l’aspirateur au rez-de chaussée. Je me réveille doucettement après une nuit compliquée. J’organise mes affaires de telle sorte que la femme de ménage ne déplace aucun de mes effets personnels. Conversation de palier avec Séverine qui s’excuse à nouveau pour l’odeur de chien qui émanait de sa voiture, dix jours auparavant, lorsqu’elle était venu me chercher à la gare.

***

Je parviens enfin à réaliser une session de nage matinale comme je le souhaitais depuis mon arrivée. Une vingtaine de minutes en alternant crawl, brasse et plongée sous-marine, supervisées par Séverine qui m’observe depuis la fenêtre de ma chambre en passant l’aspirateur.

***

Un café Florian dans l’estomac et nous partons bruncher Ô Petit Monde sur la plage de Portissol. Le temps est parfaitement voilé, nous nous arrêtons à la coopérative pour du vin et du limoncello ainsi qu’au tabac.

***

Une fois sur place, accueil désagréable d’un serveur black un peu trop confiant dans son rôle de manager. Fraîcheur des fruits de mer convaincante. Madame Peise mange plus que d’habitude.

***

Fréquentation scandaleuse, tatouages tribaux, Rolex bas de gamme au poignet T-shirt casa Blanca hideux, sneakers Vuitton et autres voyous du Sud au porte monnaie sur le point d’exploser.

Brillante idée pour une rubrique odeur du mois dans mon journal satyrique.

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« J’ai mis vingt ans à apprendre ce que je fais aujourd’hui en dix minutes »

Bill Gates

Drôle de rêve.

Voyage à Londres

Improvisé

Mal organisé

Appartement(s)

Jacobin

Cheveux rêches

Parsemés, troués

Vestibule.

Jobs d’été

Allumeur/Éteigneur de cigarettes en voiture

***

Ramasseur de cailloux en piscine

***

Porteur de fleurs en cimetière

Avant le départ.

Sur la route.

En entrant dans Marseille.

Chez Michel.

Chez L’empereur.

Sur le retour.

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Quand on veut « vivre ensemble », veiller à pouvoir « rester seul »

Sylvain Tesson

Le chant des cigales. La voix qui porte de Madame Peise. L’altercation à la poste.

Le comportement odieux de Madame Peise sur le trajet.

👞 Cordonnerie Nouvelle 👞

Le rustre d’artisan me délivre mes espadrilles dans un sachet papier grand format ciglé du logo Topy.

Détour par la poste de Bandol où à ma grande surprise un escalier est bloqué par une cabane à livres que je m’empresse d’opérer en effectuant une rotation à 90 degrés de la construction en bois.

Petit tour dans le cimetière de Bandol où d’étranges cavots à urnes avec bancs et tables de piques niques se manifestent.

🐋 Le Narval 🐋

Classique bière blanche et panaché en attendant le coup de fil de la couturière. Orgie d’olivades et magnifiques tranches de jambon à l’os. Divines terrines de poulet au citron.

La ruse du vieux siou pour essayer de se stationner à proximité du magasin LTA où un rendez-vous a été fixé avec Valéry la couturière pour récupérer mon pantalon en lin et mon caleçon en soie.

Thierry et Marie passent dans l’après midi récupérer l’argent que leur devait M.Peise, une soixantaine d’euros. Ils sont accueillis dans la salle à manger pour boire le café, accompagné cette fois ci de petits chocolats et d’amarettis.

Thierry s’est vu interdire d’aller faire les puces à La Seyne dimanche dernier par Marie qui le traite définitivement comme un gosse à qui elle offre ses seins de temps à autre pour le calmer. Anecdotes habituelles à propos de leur voyages et de la mort à laquelle ils ont échappé plus d’une fois : au Maroc, avec ce guide qui entourloupa Thierry et fut à deux doigts de les tuer ; au Tibet, avec Le Serpent qui les devançait à chaque fois lors de leur trajets en autocar, polyglottes et au visage multifacetique ; à Bali avec les tortues un soir de non pleine lune, où un guide touristique manqua de les trucider également.

Appels téléphoniques.

Aujourd’hui Madame Peise a reçu un coup de fil de :

Cathy

Charvin

Dominique Ligier

Ileana

Isabelle

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M

                                       18

                                       05

"Vieillir est un processus extraordinaire par lequel devient la personne qu'on aurait toujours dû être."

David Bowie

De bon matin.

J’avale un peu de farigoule, de la terrine de poulet au citron et le restant de mon craquant aux amandes de la veille pour accompagner mon café.

***

Madame Peise me met la main dans le caleçon. La théorie de la conspiration que j’avais écouté lors de son appel téléphonique avec sa cousine la veille comme quoi je serais son gigolo prend tous son sens.

***

Encore une fois, une belle quantité de fric me passe sous le nez. Deux cents cinquante million d’euros ont fini dans les poches d’un irlandais.. La combinaison gagnante était 13.22.23.44.49 avec les étoiles 3 et 5.  Heureuse nouvelle, nous avons gagné 3,90 € grâce à deux bons numéros.

Sur la route.

Je rêve d’écouter la station de radio Nostalgie dans mon Aston Martin entre Nice et Monaco, d’offrir aux gens que j’aime un coup de pouce dans leurs projets, de me construire plusieurs ateliers dans différents lieux que j’aime autour du globe.

***

Un nombre incommensurable de camions aux typographies et logos ennuyeuxs sur l’autoroute jusqu’à Nice. La mer Méditerranée pointe le bout de son nez à partir Théoule-sur-Mer où nous ne nous arrêterons pas à la maison Bernard pour cause de fermeture estivale.

***

Madame Peise passe un coup de fil chez Madura pour commander un rideau supplémentaire pour sa porte d’entrée. La facture grimpe. Peu importe. Elle ne compte pas.

***

En ce qui concerne les réjouissances musicales, nous profitons de tubes composés par Blondie, Vanessa Paradis, Queen ou encore The Police : ils résonnent dans nos oreilles grâce à Nostalgie et ne nous protègeront malheureusement pas d’un flash de radar pour excès de vitesse.

⛪️ Hôtel du Couvent ⛪️

Chambre 324

Corps de bâtiment de l’hôtel situé dans la partie crée de toute pièce, faisant face à l’aile ouest du couvent et sur la cour des orangers.

***

Il est fort appréciable de trouver des livres de la maison d’édition Fata Forgana sur la table de chevet, des catalogues d’exposition sur la table basse et d’autres ouvrages sur le bureau.

Fernando Pessoa, Antinoüs

Francis James, Le Rosaire au Soleil

Gérard Titus-Carmel, Albâtre

Herman Parret, La main et la matière

Jean-Luc Parant, Les yeux sans mesure

Jean Starobinski, Le corps et ses raisons

Jo Van Ammers-Kuller, Ève la Pomme

Julien Gracq, Autour des Sept Collines.

Tonino Benacquista, Saga

Yves Peyré, L’horizon du monde

***

Niveau papeterie, le studio en charge de la confection du papier à lettre, papier à dessin rend une copie mitigée

***

En ce qui concerne les crèmes et autres aménités d’hygiène, confiance a été donnée à Fragonard.

La Guinguette

Two americanos

So cute

Oh my gosh

***

Divine piscine en feuille d’aluminium et bois blanc accessible depuis le verger. Magnifique volume parasite d’acier inoxydable installé dans le bassin dont les dimensions sont plus que satisfaisantes. Vue époustouflante sur la baie de Nice depuis ce perchoir privilégié.

Les Thermes.

Divine paire de fesses dans le hammam.

J´aurais souhaité que ces deux créatures me prennent en sandwich et qu’elles fassent de moi leur dîner.

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J

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« La vie est lente et l’homme ne sait guère la jouer »

André Breton

L’architecture ?

Jeu de construction souvent trop prévisible et laborieux à réaliser.

Chambre 322

Carlos Goldoni, L’Honnete Aventurier

Frédéric Paul, Le plus grand espace

Guillaume Apollinaire, L’Hereriarque & Cie

Gustave Monet, CM. Sa vie son œuvre

Nathalie Heinich, Ce que l’art fait à la sociologie

Verlaine, Poèmes saturniens Fêtes galantes

Peu T’y Des Jeunes Haies

La playslist évolutive de Dan Levy, ex-chanteur de The Doo, ravie mes oreilles par sa discrétion et la subtilité de ses bruitages. Audible uniquement dans l’Hotel du Couvent. Une exclusivité qui donne envie de revenir pour se plonger voire s’immerger complètement dans les méandre de son travail.

***

Le restaurant du couvent nous propose son éternelle soca d’apéritif que nous accompagnons d’un verre de vin orange italien au dépôt prononcé ainsi qu’au logo facilement mémorable.

Nous choisissons de ne pas prendre d’entrée et d’attaquer directement le plat de résistance. J’opte pour un gigot d’agneau d’une tendresse exquise, surmonté de délicieuses blettes et d’un jus d’une grande noblesse. Madame Peise ingurgitera des fleurs de courgettes en vociférant qu’elle n’avalera rien de plus.

En dessert, je ne résiste pas à cette divine tarte à la rhubarbe faite d’une pâte brisé et d’une frangipane aux noisettes qui sera sublimer par une crème crue.

📕🪵 Bibliothèque du Couvent 🪵📕

Après le déjeuner, je décide de me prélasser dans la bibliothèque du couvent. J’éprouve immédiatement un immense plaisir à manipuler l’échelle de la bibliothèque pour accéder à de fabuleux ouvrage : Picasso, Dali, Luigi Ghirri, Francis Bacon, Picabia, Victor Brauner, De Kooning..

***

Prendre un malin plaisir à déambuler , se fondre dans le paysage, croiser un serveur qui vous salue chaleureusement comme s’il vous connaissait depuis dix ans, emprunter un dédale d’ascenseurs, de tunnels et de passages sous-terrains pour accéder à la piscine depuis sa chambre.

🏊 La piscine du couvent 🏊

Je hais les américains et leur fausse décontraction vis à vis de la vie, leurs tatouages, leurs montres Apple et leur accent à vomir.

***

Depuis mon point de vue privilégié sous mon Olivier favori, j’observe, étrangement, une cheminée qui fume. Au loin, le bleu azur de la baie de Nice, le dôme du NegresKO. Au premier plan, des frites bleues flottent seules dans la piscine, remplaçant la présence des nageurs.

***

Je suis soudain pris d’une envie de découper une paire de seins à la faucille, de la passer à la poêle et de commencer une collection suivant la couleur de peau, la taille des mamelles récoltées...

Chanson d’automne

Les sanglots longs

Des violons

De l'automne

Blessent mon cœur

D'une langueur

Monotone.

Tout suffocant

Et blême, quand

Sonne l'heure,

Je me souviens

Des jours anciens

Et je pleure;

Et je m'en vais

Au vent mauvais

Qui m'emporte

Deçà, delà,

Pareil à la

Fouille morte.

Verlaine

Sur les coups de dix huit heures je suis enfin seul là haut sur mon perchoir. J’en profite quelques instants puis m’en vais chercher Madame Peise.

💐 La guinguette 💐

En cette avant-veille d’été, nous n’avons qu’un léger mouvement à effectuer depuis les transats du bassin de la guinguette jusqu’à notre table, la meilleure, offrant une vue bucolique encore ensoleillée à vingt heures passée. À ma droite, un décolleté suffisamment ouvert pour laisser deviner la ligne d’un sein qui me fera tourner de l’œil tout le diner. M.Peise tourne au vin blanc, je commande un negroni en attendant notre commande : tartare de veau, crevettes et sésames grillés accompagné de frites fraîches.

***

Nous faisons monter une tarte à la rhubarbe et un cocktail “Dernier Mot”.

🍸 Le Bar du Couvent 🍸

Après avoir effectué quelques pas pour descendre la colline du couvent, nous voici face à deux limoncello qui arriveront dans un verre tiède, le serveur s’empresse alors de nous en ramener deux complètement givrés et nous laisse le choix de verser l’ancien dans le nouveau où de nous reprendre le premier verre. Alcoolique que nous sommes, nous choisissons évidemment de conserver l’intégralité de nos breuvages et commandons également une tisane au fenouil et à la réglisse.

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« You'll be misunderstood no matter what you do, you may as well be misunderstood for doing what you love »

Jay Shetty

De bon matin.

Conversation matinale avec Alain, agent de sécurité de l’hôtel veillant au grain afin que les visiteurs intempestifs n’accèdent pas à la piscine.

🥩 Boucherie Saint Francis 🥩

Plaisir immense à comprendre le cheminement des commandes qui arrivent directement à la caisse par un système de rails et de conduit.

🪦 Cimetière du Château 🪦

Les ingrédients d’un hôtel réussi

Le badge (des clefs)

La médaille pour faire la chambre (ou pas)

***

La fragrance

La playlist (ambiant)

La bibliothèque

Les Thermes

***

La boulangerie

Le verger

Les 3 restaurants

******

Package Graphic Design

Carte de visite

***

Vieux hôtels promenade des Anglais.

Hôtel des flots

Le lagon

🛣️ Sur l’autoroute 🛣️

🦢 La Maison du Cygne 🦢

Les cigales plus fortes que Chopin.

Un mélange de Rodolphe Pignat et de Maxime Mérigot.

Ne fille enrobée

Une fille boutonneuse

Madame Peise à ma gauche

Entracte

Nous filons à l’anglaise !

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S

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« La culture c’est comme la confiture, au moins on en a, au plus on l’étale. »

Madame Peise

🥕Jour de marché. 🥕

Madame Peise me  fait la réflexion que j’ai un beau petit cul dans mon pantalon bleu de travail. Elle me racontera ensuite (pour la deuxième fois) l’anecdote du coordonner communiste d’Orange qui est devenu maire et dont les prix pour réparer ses chaussures n’avaient rien de communiste. Il aura tout de même fait venir Pink Floyd au théâtre antique d’Orange contre la dissuasion de Madame Peise.

***

Ouïe vagabonde à la brasserie Le Sport où les histoires d’un vieux loup de mer raconte les aventures de sa carrière en tant que chauffeur de taxi.

***

Une fois à la maison, Madame Peise fera ce qu’elle sait faire de mieux : se servir du rosé discrètement dans la cuisine depuis le mini-tonneau du cubi (premier verre servi à partir de 9h50 du matin), se plaindre continuellement de la chaleur à l’extérieur en mettant la climatisation dans toute la maison, laisser sortir le chat pour ensuite attendre qu’il rentre sous peine de faire monter son anxiété à des niveaux stratosphériques, raconter des anecdotes où elle est la protagoniste surdouée par rapport aux autres, enchaîner les cigarettes toutes les cinq minutes et vider ses cendriers.

Dans l’après-midi.

Intense lecture des lignes jetées par le confrère François Simon, sous l’œil bienveillant du cygne en bois, chef de gondole d’un berceau de la famille Peise. J’achève son livre Y retournerais-je apaisé mais avec un pincement au cœur vis à vis de toutes ces destinations et hôtels cinq étoiles que je souhaiterais moi aussi explorer avec (peut être) une envie de m’établir (temporairement) à Lausanne, comme David Bowie le fit entre 1976 et 1997. Je pense à Camile Villaseca qui travaille là bas dans une entreprise d’assurance et de conseils financiers.

En fin d’après midi Madame Peise et moi visionnons un James Bond des années 70 : L’espion qui m’aimait. Fabuleux gadgets, voyages dans le Tyrol, autour du Caire et en Sardaigne. Barbara Bach est magnifique. Madame Peise me confessera qu’elle a visionné le film il y a 48 ans au cinéma Le Concorde d’Orange avec mon père.

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« Si le facteur temps n’est pas passé par là, il n’y a rien à raconter. »

QLB

Drôle de rêve

Vieilles vignes

Tomates olives oignon

Prosac, sac plastique

Tablée familiale

De bon matin.

L’Alberte

(Intervention chirurgicale sur parapet de pierres et herse métallique)

🏖️ Renécros plage 🏖️

Matelas première ligne, café frappé et pyramide de chapeaux.

Le goût bicarbonaté de la Châteldon.

Les frites gourmandes et goûtues.

Sur le chemin du retour.

Madame Peise énonce ses activités de prédilection :

Révision de voiture

Litière pour chats

Coiffeur

Comptable

Banquier

En soirée.

Petit papier sur le couvent.

***

Mis à part, le « déguisement » monacal du staff dans la cour des orangers, l’histoire du couvent n’est pas suffisamment mis en valeur.

***

J’ai apprécié de découvrir seul la bibliothèque par exemple mais j’aurais aimé en savoir plus sur chacun des espaces transformés, que le personnel soit mieux formé à ce sujet et surtout que l’ensemble du staff parle français. Ce n’était pas le cas. Je trouve cela scandaleux.

***

Le bâtiment fait par Wilmotte m’a profondément déçu, en particulier la façade avec les (ridicules) balcons donnant sur la cour des orangers. Certains ayant un vis à vis terrible et une vue sacrifiée même au troisième étage.

***

Toutefois, je tiens à souligner que j’ai pris un immense plaisir à déambuler dans les nombreux passages secrets, tunnels et circulations menant aux magnifiques terrasses qui incluent la guinguette et la fabuleuse piscine secrètement gardée par un olivier centenaire offrant une vue spectaculaire sur la ville de Nice et la mer.

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« Bonjour et désolé, combien fait la moitié de cinquante ? »

Déborah

Drôle de rêve.

Cabane Winnie the pOooh

Étrange cohabitation

Avec L.M.

Fausse attention ?

Flanc de montagne.

De bon matin.

Ras le bol d’écouter M.Peise parler de son petit confort, de la complexité d’aller chercher quelqu’un à la gare à neuf du matin, de devoir mettre la clim pour faire son repassage et utiliser son défroisseur.

En allant à l’estagnol.

Délice de publicité satirico-antisémite.

Des grues, un camion de la compagnie des déboucheurs tout de rose vêtue.

Eroz Ramazotti sur Nostalgie puis Blondie.

Opération chirurgicale à la va vite d’un autre camion de débouchage. Support au fort potentiel pour y installer un anafre gardien d’une peinture fièrement arborée sous son socle.

Une fois à l’Estagnol.

Tentative d’apaisement en me surclassant sur mon vol de demain, j’opte pour le siège 4A. La configuration des sièges business et de l’avion en général semble nouvelle.

***

Plusieurs filles me tapent dans l’œil en arrivant à la plage : celle de l’entrée du parking et une jeune créature dont le maillot revêt un motif militaire.

Soudain..

Beignets, chouchous, glaces. Il y a tout ce qu’il faut. Il beau, il fait chaud, venez en profiter !

À l’heure du déjeuner.

Il est temps de retrouver Pat’ & Gèn pour déguster une anchoïade, une pizza au feu de bois et un fabuleux pagre accompagné de sa ratatouille et son olivade. La patronne nous proposera un limoncello au moment de l’addition que nous refuserons.

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M

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« I am very influenced by places, by the atmosphere of a room, you know? »

Francis Bacon

Les animaux du jardin de M.Peise.

Chat

Cigale

Colombe

Fourmi

Guêpe

Mouche

Mouette

Moustique

Bon vent !

S’immerger furtivement dans différentes conversations d’adolescent(e)s en attendant son train. Shorts en jean, débardeurs moulants et soutien-gorge bien en vu.. Sandales idoines, bijoux bon marchés.. elles me rappellent doucettement Joanna, Lucie et Laurène, trois filles que je fréquentais dans mes années lycées et collèges. Á la différence près que les petites conversations Msn du soir depuis l’ordinateur de nos parents ou encore les quelques sms que nous nous échangions via nos portables á clapets se sont transformées en addictions souverainement assumées á Instagram et WhatsApp. Vingt ans déjà que ce petit boîtier permettant d’aller sur internet nous enfonce lentement dans l’avilissement le plus sournois.

Dans la ligne de ter entre Ollioules-Sanary et Marseille, je me retrouve face á une senior en grande forme, femme élancée, sourire au coin des lèvres comme si elle avait gagner au loto la veille et réalisait à peine le champs des possibilités qui s’ouvrait á elle. Style décontracté incluyant en jean délavé et petit débardeur jaune poussin en coton. On pourrait croire qu’elle vient d’avoir une excellente relation sexuelle avec un ami qu’elle n’avait pas vu depuis longtemps, son sourire et son air malicieux ne s’effacent pas. Elle dégage une odeur de crème que j’assimile á ma Grand-Mère. Je lui donnerait soixante et onze ans.

Réflexion en cours de rails.

Je suis las de ce monde purement capitaliste, basé sur l’alignement de ses conquêtes et oú seule la performance est valorisée à une époque oú tout est partagé, expérimenté sans saveurs, avec l’unique ambition d’en faire plus que l’autre sans jamais comprendre l’essence de ce que l’on vit ni même déceler l’âme des lieux que l’on traverse.

Ce journal est le seul travail que j’effectue avec aciduité et passion. Seul échappatoire pour m’extirper pensées heureuses, tristes, néfastes, perverses ou moqueuses de cet organe vital qui ne me laisse pas tranquille : le cerveau.

Á localiser plus tard.

Fabuleuse installation hydrolique protégée par des grilles et du grillage juste après la gare d’Aubagne.

Sculpture.


Entre Lyon et Paris.

Je m’extirpe de ma place 628 pour rejoindre un carré vide oú une touriste asiatique est seule avec son énorme valise. Je la rejoins et me positionne en sens contraire de la circulation. Quiétude des paysages agricoles á ma droite.


Á ma gauche, une racaille assagi mais encore malpolie se croît chez elle en étendant ses sales panards sur la banquette lui faisant face. Ce carré est également vide. Mis à part, cet affreux barda qu’il déploie comme si le train était son salon : carte SIM, parfum á moitié vide, chargeur, stick à lèvres, monnaie, relevé de comptes, clefs..


Après un odieux coup de téléphone passé depuis son siège, il se mettra à lire Le Coran puis à dormir. Effrayante jeunesse musulmane.


Pour couronner cette présence désagréable, la plupart des voyageurs se mettront à déjeuner en même temps, libérant d’infâmes odeurs de mayonnaise, oignon rouges et bananes, dans un fracas de couvercles de gamèles se déclipsant en même temps.



Une fois à l’aéroport.

Consulter le dossier de notes daté du même jour : 🥂Voyages bizness 2kalité🥂


Remarque : Le personnel m’aura léché les fesses tout le long du voyage pour essayer de me faire oublier l’affreuse tâche de ketchup sur l’accoudoir. Cela aura plutôt bien fonctionné.


« Karl Lagarfield aurait pu être écrivain : Il est spectateur, il regarde, il s’amuse de tout. »

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M

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Paillasson

Tapis de voiture

Facture photogravée

QLB

De bon matin.

Pwwwouuuah

L’impression de ne pas être parti

Comme toujours.


Conversation avec Dimitri qui a évidement remarqué mon absence et m’averti des nombreux chantiers en cours dans l’immeuble.

***

Halte au marché Medellin où le stand de quesadillas n’est pas à même de me servir , détour par la boulangerie Monterrey où je me fends d’une torte de tamal.


Jet Lag puissant.

Dans la soirée.

Je consulte un article sur l’extinction progressive des relais routiers de la nationale 6 non loin de Dijon. Tristesse de voir disparaitre ces haut lieux de terrines maisons et purée saucisse.

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« When it is a question of money,

everybody is of the same religion. »

Voltaire

Drôle de rêve

Maison du cygne.

Mère-grand

Qui dénonce

Deux acolytes

Machiavélique(s)

🌼 Fonda Margarita 🌼

6:56 AM

Cero minuto de cola

{llamada con Fernando}

CQ

Cerdo en salsa verde

Quenelle frijol-chorizo chica

[ pas de tostada pas de propina ]

Une fois au café.

Servi par ce barista blond et boutonneux que je ne peux pas blairer. Atmosphère humide sans être glaciale, une fille à ma droite prend des notes. Veto arrive en moto. Il se gare à côté de la GT toujours stationnée ici avec un autocollant de croissant. Pablo Le Vampire, cheveux gominés et plaqués en arrière, semble avoir adopté une chienne qui marche à côté de lui.

Dans l’après midi.

Après une conversation déprimante avec ma mère, je rassemble un minimum de forces pour sortir de chez moi et fuir ces bruits de perceuses diaboliques en provenance des appartements 7 et 10.

Je file chez Jaime pour profiter de la tendresse de sa peau de porc délicatement pliée dans son panier.

Sur le retour et contre ma volonté je décide d’aller m’approvisionner en produits italiens au Walmart. Qu’elle ne fût pas ma déconvenue au moment de payer avec une carte bancaire périmée. Je ressort bredouille donc.

Café Guardatiempos.

Débriefing complet de mon voyage avec mon grand-père de substitution Mario qui pensait que je revenais de Londres.

Je rectifie ses pensées et lui annonce que je lui ai rapporté Le Canard Enchaîné pour discuter de la mise en page de ce journal satirique avec lui, considérant bien évidemment le fait qu’il ne lise pas bien le français ; ce à quoi il me répondra malicieusement : « No soy bilingüe pero tampoco soy analfabeto ».

Soudain, un vieux papy aux lunettes aviator et aux pincettes pour éviter que son jean ne se prenne dans le pédalier fait son apparition. Mario me confesse immédiatement la non-approbation à l’égard de ce monsieur et part se cacher.

J’esclaffe de rire et observe la scène.

Commence alors un duel de connaissances historiques urbaines entre deux octogénaires qui finissent pas s’apprécier et échanger bien plus que ce qu’ils ne l’imaginaient.

                             2025

V

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                                       05

«Nous naissons, pour ainsi dire, provisoirement, quelque part;

c'est peu à peu que nous composons en nous le lieu de notre origine, pour y naître après coup, et chaque jour plus définitivement.»

Rainer Maria Rilke

Drôle de rêve

Exposition

Lit qui ne m’appartient pas

Confusion pénible

Cacophonie

Fausse modestie

Très tôt.

Angoisses quant à ma situation professionnelle et financière. L’aurore humide et venteuse qui règne à Mexico depuis (paraît-il) des semaines, me rappelle ces matins moroses où je partais au collège de Miribel dans le froid et l’obscurité.

J’ai le sentiment d’être pris au piège en me dédiant à narrer mes faits et gestes, découvertes urbaines et incisions chirurgicales opérées dans la ville à travers ce journal. Je ne fais plus rien d’autre. Ma chambre n’est qu’accumulation de reliques et projets endormis..

Jongler avec les saisons après l’aperçu caniculaire que je viens de laisser derrière moi en France me conforte dans l’idée que l’homme, pour s’adapter au mieux au changement climatique, n’a de choix qu’émigrer là où la température est la plus accueillante selon le mois de l’année.

Je me lève à l’heure où les balayeurs des feuilles sont rois et où la police fait le plein [d’essence].

🌼Fonda Margarita 🌼

6:46 AM

Cero minuto de cola

{contigo mismo}

McC

Milanesa

con

Chilaquiles.

[ J’arrive avec les doigts congelés. Le troubadour de l’entrée m’accueil avec plus de scepticisme qu’hier. Surprise ce matin. Tournage de film proche des casseroles et récipients en tout genre. Arrivage de Huevos Norteños par cagettes entières.

Quatre hommes noirs sont venus profiter d’une ambiance faussement authentique avant de prendre leur avion, leur valise les trahi ! Big Noze est parmi nous, avec sa jaquette écossaise et son regard vitreux. Un garçonnet à ma gauche à une voix de canard. Soudain la personnes la plus grosse que je n’ai jamais vu fait son apparition. Il sue, il titube comme un phoque.]

Au café.

Moiteur et humidité. Je recroise Kenny.

Rory se moque doucettement de mon accent lorsque je lui demande un Espresso qu’il interprète par « espejo » et me dégaine immédiatement un miroir en forme de coquillage pour appuyer sa blague. Il sent le Lysol. Profond dégoût.

Dans l’après-midi.

Je commence une nouvelle maquette de Couveuse issue de la hotte d’extraction de la fabrique à tortilla en bas de chez moi, celle où un sac jaune rempli de masse maïs est déposé tous les matins.

Je commence également la lecture de l’autobiographie de LB par Marie-Laure Bernadac.

Évidemment, beaucoup de ses paroles font écho avec ma façon d’écrire frénétique et obsessionnelle ou encore à mon tempérament parfois moqueur et cruel :

« Louise Bourgeois est graphomane : elle écrit sans cesse ce qu'elle ressent, ce qu'elle pense, ses humeurs, ses émotions, ses rages et ses colères. »

« J’adore être cruelle envers ceux que j'aime, j'ai toujours éprouvé ce besoin de méchanceté. »

Dès lors, je ne peux m’empêcher de me remémorer certains coup bas et autres actions que j’ai fait subir à des camarades de passage ou encore à des amis plus chers :

-la crème dans le lit de Vincent lors de notre voyage en Ardèche.

-la pisse dans les chaussures de Lucas Taillefer

-la merde déposée dans les rollers du patineur endormi place à Lyon en after avec Hector et Pierre.

-adultère avec Camille Villaseca

-adultère avec Marie Séon

Étrange coïncidence également avec la détestation de LB pour les grandes vacances d’été : « Plus de lycée : ces trois mots bourdonnent continuellement à mes oreilles. Deux mois et demi sans revoir ces classes, cette cour, et ce petit café |...)

Ne plus le revoir, mon lycée (...] mon cœur est triste [...] je voudrais que cette perspective des vacances ne soit qu'un cauchemar, [....] m'enfermer entre les murs énormes de cette prison que j'aime. »

                             2025

S

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                                       05

« Au cœur de ma révolte dormait un consentement. »

Albert Camus

De bon matin.

Je file à la barbacoa du quartier des Portails. Je traverse le quartier des Docteurs, une forte odeur d’ananas et de maïs brûlé empli mes narines. Tout au long de mon parcours, je suis toujours aussi attiré par ces grilles qui s’enchevêtrent à des bouts de plateformes où ces compositions de pics anti clochards sur balcons connectés à des placards de protection de compteurs de gaz, d’eau ou encore d’électricité.. produisant des équilibres instables, accidentés que j’opère en tant que chirurgien urbain afin d’en révéler une nouvelle harmonie.

Rotations, changements d’échelle et déformation sont mes outils d’opération.

Je suis frappé par l’envie de (re)convertir les hangars de salles de sport de la Postal ou Alamos en atelier de productions Paul Kader & Mohammed Alain Chirurgies Urbaines.

Job ideas.

Archives Louise Bourgeois NYC

Dozie Kanu

Olgiatti

Dans l’après-midi.

Une ribambelle de pensées noires me submergent malgré ma belle exploration de ce matin. Angoisses extrêmes quant à ma situation professionnelle et financière. Misérable vie que celle de subir les bruits de travaux dans l’appartement juste en dessous du mien, un samedi après-midi.

Je suis à deux doigts d’envoyer ce message incendiaire à l’infâme Dimitri, soi disant responsable de veiller au respect du confort des habitants de l’immeuble :

« Los dices algo o bajo a gritarlos ?

Es inaceptable no tener ni dos días a la semana sin obra. Dáme el número del pinche dueño de este departamento! »

Je n’ai plus envie de rien ni de personne. État psychologique gravement atteint.

Envie de mourrir. Envie de mordre une dernière fois avant de trépasser.

                             2025

D

                                       29

                                       05

« Tous, nous avons ce petit venin que nous distillons comme un grand malade avec sa poire à morphine.. »

François Simon

De bon matin.

Je file Chez Edison avec un magnifique vent et un soleil qui joue à cache cache pour bercer mes mouvements de pédales.

Être capable de tenir la conversation avec le chanteur de la barbacoa Edison du dimanche et lui demander une chanson en particulier (Las Cigarras de Mercedes Sosa par exemple) tout comme être à même de dialoguer avec un « chef d’entreprise » mafieux des Lomas ou encore un restaurateur de Polanco

Une fois au café.

Je retrouve Fernando Negrete, mon viell ami de l’université. Il débarque fatigué et malade (comme toujours ?). Nous évoquons ses séjours dans le quartier de la comtesse non loin de chez moi, rue Pachuca chez une fille (très laide d´après la photo qu’il me montre) avec qui il vient de rompre (bonne nouvelle). Nous nous esclaffons alors de ne pas s’être croisé plus tôt dans le quartier durant ces derniers mois. Il mentionne l’existence d’un édifice signé Barragán au Sud de Mazatlán. Capharnaüm au moment de récupérer son auto (en très mauvais état) complètement prise en sandwich par d’autres véhicules dans le parking improvisé et à ciel ouvert installé sur les fondations dans immeuble détruit par le séisme de 2017, à l’angle de l’avenue Amsterdam et Sonora.

Dans l’après-midi.

J’avance la maquette : Couveuse La Nouvelle. Je me coupe légèrement le pouce gauche en essayant de mettre à niveau la base de la sculpture à échelle réduite. Quelques tâches de sang font leur apparition.

En soirée.

Je reconnecte avec Chat GPT et lui partage mes envies de commencer une carrière de chirurgien à Lausanne, de dentiste à New-York ou encore de croques-mort en Suisse ..

J’évoque également ma volonté de contacter le musée d’Art Brut de Lausanne, la fondation Louise Bourgeois à New-York ou encore Dozie Kanu à Lisbonne ..

                             2025

L

                                       30

                                       05

« J'aurais voulu qu'on m'adopte, qu'on me mette une casquette à perles, une chemise Versace, un regard d'écureuil timide »

François Simon

Drôle de rêve.

Aventure d’un soir

Larcin de cigarettes

Déambulation bouffonne

De bon matin.

Cacophonie habituelle au réveil. Alarmes successives. Plaisir à observer Yvette se laver, se sécher puis se vestir. Bougonne et irritable comme à son habitude.

Une fois dehors.

Déambulation lente et humide jusqu’à l’angle des tortas de milanaises. Je la choisis verte et rouge et demande à rajouter du piment habanero. Yvette me confesse qu’elle a en sa possession une facture du magasin de piscine qui me plaira beaucoup. J’ai hâte de la voir. Je me fais la réflexion que beaucoup de businessIls ont leur propre camionnette : Malcriado, Saint, (bientôt) Quentin..

Bonheur en se retrouvant de nouveau chez ce marchand de journaux amateur de musique classique puis dégustation d’un tamal aux choux-fleurs au Moulin de Pujol. J’accompagne Yvette jusqu’à ses bureaux.

Une fois au café.

Je suis seul en terrasse au milieu des éboueurs et des gaz d’échappement du convoi exceptionnel délivrant les les poutres IPN pour la construction de l’immeuble rendant hommage à Theodore González du Lion.

Je suis devenu ce dandy de la condesa qui ne fait plus rien si ce n’est d’errer dans les rues de la ville à la recherche d’un détail à se mettre sous la dent.

Envie de commencer à realizer des tags clandestins d’anafres inversés et de tamalares torsadées. Pochoir à la Banksy ou gestes plus spontanés comme Basquiat ?

J’ai déjà croisé l’artiste méchant, l’abruti aux produits Acne, l’architecte laid et maigre mais amateur de l’hôtel Roosevelt et le loubard cocainoman.

De retour chez moi.

J’élabore une série de neuf photos intitulée : Caminando hacia la oficina

T'as-Mal-Cul-Hôte

Kat-Rrrr

Bas-Che-Fou-Gère

Pie-Rat-Mie-Deux-Bac-Calle

Pie-Anneau

Poux-Trait-Sole-Y-Terre

Théo-Dort-Gonds-Zâle-Hesse-Dés-Lionne

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